Si vous envisagez de visiter ou d’investir à Port-de-Bouc, sachez que cette commune des Bouches-du-Rhône de 16 138 habitants présente des zones sensibles qu’il vaut mieux connaître avant de s’y aventurer. Entre son passé industriel glorieux et sa réalité actuelle, certains quartiers concentrent davantage de difficultés que d’autres. Voici un tour d’horizon complet des secteurs qui méritent votre attention.
| 🏘️ Quartier | ⚠️ Niveau de risque | 🚨 Problèmes principaux | 💡 Conseils |
|---|---|---|---|
| Les Comtes 4 008 habitants (23% de la ville) | TRÈS ÉLEVÉ 41 interpellations en 2024 | Trafic de drogue actif Interventions policières fréquentes Tensions visibles | À éviter complètement Zone prioritaire de rénovation |
| La Lèque 166 logements construits en 1964 | ÉLEVÉ Points de deal implantés | Trafic de stupéfiants Insécurité nocturne Dégradations fréquentes | Éviter en soirée Zone de redynamisation urbaine |
| Les Aigues Douces 2 353 habitants (14% de la ville) | MODÉRÉ À ÉLEVÉ 47,8% des jeunes sans emploi ni études | Incivilités et nuisances Quartier mal desservi Squats récurrents | Prudence en soirée Éviter les zones isolées |
| Vieux-Port Zone touristique centrale | VARIABLE Sûr le jour, risqué la nuit | Insécurité nocturne Vols à la tire en été Fréquentation problématique | OK en journée Éviter après 22h |
| Les Amarantes Zone prioritaire de la ville | MODÉRÉ Quartier enclavé | Logements sociaux dégradés Tensions sociales Manque de services | Éviter les zones isolées Déplacements en groupe |
| La Renaissance / Commerces Nord | MODÉRÉ Dégradation après 17h | Habitat vieillissant Squats et dégradations Attroupements dissuasifs | OK en journée Éviter après 17h |
| 📊 Chiffres 2024 : 1 285 crimes et délits (79,6/1000 hab.) • 284 cas de trafic • 101 interpellations stupéfiants 💰 Investissements : 173 millions d’euros pour la rénovation urbaine • 27,8 millions pour les Comtes | |||
La Lèque : un héritage industriel qui peine à se relever
Situé à l’écart du centre-ville, le quartier de La Lèque s’est développé grâce au canal d’Arles à Bouc, ouvert en 1833. Ce secteur, classé en Zone de Redynamisation Urbaine depuis 1997, porte encore les stigmates du déclin industriel marqué par la fermeture du Chantier Naval en 1966.
La résidence principale du quartier compte 166 logements construits en 1964, de type F3 à F5, principalement occupés par d’anciens ouvriers et leurs familles. Malheureusement, ce secteur fait aujourd’hui face à des problématiques sécuritaires préoccupantes.
Les principales raisons d’éviter ce quartier :
- Trafic de stupéfiants actif avec plusieurs points de deal bien implantés
- Climat d’insécurité régulier, particulièrement en soirée
- Rassemblements bruyants et dégradations fréquentes
- Ambiance peu accueillante pour les visiteurs
Les Comtes : l’épicentre des préoccupations sécuritaires
Le quartier des Comtes cristallise les enjeux sécuritaires de Port-de-Bouc avec un chiffre parlant : 41 interpellations en 2024 contre seulement 3 en 2023. Cette zone prioritaire de la politique de la ville abrite 4 008 habitants, soit 23% de la population municipale.
Construit dans les années 1960 pour loger les ouvriers de l’industrie portuaire, ce secteur fait aujourd’hui l’objet d’un programme de rénovation urbaine doté de 27,8 millions d’euros, prévu jusqu’en 2027.
Pourquoi ce quartier pose problème :
- Point chaud du trafic avec de nombreuses interventions policières
- Réseaux de trafic bien implantés malgré les opérations « place nette »
- Réputation locale très négative impactant les valeurs immobilières
- Contrôles fréquents et tensions policières visibles
Les Aigues Douces : derrière un nom trompeur
Ne vous fiez pas au nom poétique de ce quartier ! Les Aigues Douces comptent 2 353 habitants, soit 14% de la population port-de-boucaine. Malgré ses espaces verts, ce secteur souffre d’un isolement géographique marqué et d’un manque de services de proximité.
Un chiffre particulièrement alarmant : 47,8% des jeunes de 16-25 ans ne sont ni en emploi ni scolarisés, une situation qui nourrit les problématiques de délinquance et crée un terreau favorable aux activités illicites.
Les problèmes identifiés :
- Nombreux cas d’incivilités et nuisances sonores, notamment en soirée
- Faible attractivité pour les investisseurs en raison de l’environnement perçu comme peu sûr
- Quartier mal desservi renforçant l’isolement social
- Tensions entre habitants et squats récurrents
Les Amarantes : un secteur en quête de renouveau
Le quartier des Amarantes forme une zone prioritaire de la politique de la ville. Situé en périphérie, ce secteur se caractérise par une forte concentration de logements sociaux vieillissants et un manque de dynamisme économique flagrant.
Les habitants dépendent largement des aides sociales et des structures d’accompagnement, dans un contexte où 34,3% des Port-boucains n’ont aucun diplôme.
Les difficultés rencontrées :
- Quartier enclavé et socialement dégradé
- Environnement dégradé avec sentiment d’abandon
- Tensions sociales et incivilités récurrentes
- Manque flagrant de dynamisme et de services de proximité
Le Vieux-Port : deux visages selon l’heure
Voici un cas particulier ! En journée, le Vieux-Port a tout pour plaire avec ses petits bateaux, restaurants et vues sur la mer. Ce quartier central et touristique attire naturellement les visiteurs par son charme méditerranéen authentique.
Cependant, une fois la nuit tombée, l’ambiance peut rapidement changer. Ce secteur subit depuis plusieurs années une recrudescence d’actes de délinquance nocturne qui ternit son image touristique.
Les risques nocturnes :
- Insécurité nocturne malgré un visage touristique en journée
- Vols à la tire et dégradations fréquentes en soirée, surtout en été
- Fréquentation parfois problématique la nuit
- Quartier peu rassurant pour les visiteurs après 22h
La Renaissance et Commerces Nord : des noms qui ne reflètent pas la réalité
Malgré un nom évocateur de renouveau, le quartier de La Renaissance peine à sortir de son image de zone en difficulité. Situé à l’écart des zones touristiques et peu animé, il cumule un habitat vieillissant et un sentiment d’abandon.
Le secteur Commerces Nord, quant à lui, présente un double visage. En journée, cette zone semble animée avec ses petites boutiques, snacks et bars. Mais dès la fin d’après-midi, l’ambiance se dégrade considérablement.
Les problématiques communes à ces deux secteurs :
- Isolement géographique et manque total de dynamisme
- Dégradations régulières et présence de squats
- Tensions en soirée avec attroupements dissuasifs
- Ambiance conflictuelle autour des commerces après 17h
Les chiffres de la délinquance en 2025
Pour mieux comprendre la situation, voici les statistiques officielles de Port-de-Bouc en 2025 :
- 1 285 crimes et délits enregistrés, soit un taux de 79,6 pour 1 000 habitants
- 284 cas de trafic de drogue, témoignant d’une activité illicite persistante
- 101 interpellations pour trafic de stupéfiants
- 492 cas de vols et cambriolages
- 221 cas de violences contre les personnes
- 178 cas de dégradations volontaires
Ces chiffres placent la commune dans une situation préoccupante au regard des moyennes départementales et nationales, avec une progression de 11,6% des crimes et délits entre 2021 et 2022.
Le contexte socio-économique explique les tensions
Pour comprendre ces difficultés, il faut analyser le contexte économique local. Port-de-Bouc affiche un taux de chômage de 11,8%, supérieur à la moyenne nationale de 8%. Le taux de pauvreté atteint 23% de la population, représentant 1 643 ménages vivant avec moins de 876 euros mensuels.
L’héritage industriel de la ville explique en partie ces difficultés. La fermeture progressive des grandes entreprises portuaires et chimiques a laissé derrière elle des quartiers ouvriers privés de leur dynamisme économique originel.
Des investissements pour l’avenir
Face à ces défis, la municipalité déploie un programme ambitieux. 173 millions d’euros sont investis dans la transformation urbaine de la ville, avec pour objectif de moderniser l’habitat et d’améliorer le cadre de vie.
Le projet phare concerne la réhabilitation des Comtes, avec installation de panneaux photovoltaïques et création d’îlots de fraîcheur urbains pour améliorer le confort des résidents.
Conseils pratiques pour votre sécurité

Si vous devez vous rendre à Port-de-Bouc, voici mes recommandations pour circuler en toute sécurité :
Déplacements et horaires
- Privilégiez les déplacements en journée, particulièrement dans les quartiers sensibles
- Évitez les zones isolées en soirée et préférez les axes principaux bien éclairés
- Déplacez-vous de préférence en groupe après la tombée de la nuit
- Évitez d’exhiber des objets de valeur ou des signes extérieurs de richesse
Zones spécifiquement à éviter
- Les secteurs autour des points de deal connus dans les Comtes et La Lèque
- Les halls d’immeubles et espaces où des attroupements se forment
- Le secteur Commerces Nord après 17h
- Les parties isolées du Vieux-Port après 22h
Réflexes en cas de problème
En cas de situation préoccupante, dirigez-vous vers les commerces ouverts ou les espaces publics fréquentés. N’hésitez pas à signaler tout incident aux forces de l’ordre qui patrouillent régulièrement dans la commune grâce aux rondes nocturnes renforcées.
L’avenir de Port-de-Bouc se dessine progressivement
Malgré ces difficultés actuelles, Port-de-Bouc ne reste pas les bras croisés. Les investissements considérables dans le renouvellement urbain visent à transformer progressivement l’image de cette ville portuaire. Le projet « Seanergies » de valorisation des ressources maritimes et la rénovation de la promenade René Cassin s’inscrivent dans cette dynamique de modernisation.
L’objectif municipal consiste à passer d’une réputation de « ville chaude » à celle d’une cité dynamique et solidaire, fière de son patrimoine industriel et tournée vers l’avenir méditerranéen. La situation géographique privilégiée de Port-de-Bouc, entre mer et étang de Berre, constitue un atout majeur pour attirer de nouveaux habitants et développer le tourisme maritime.
Les exemples de rénovation réussie dans d’autres villes françaises montrent que ces projets peuvent effectivement améliorer la sécurité et la qualité de vie. Avec 37% de la population locale vivant dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville, soit 6 361 habitants, les enjeux sont considérables mais les moyens déployés semblent à la hauteur des ambitions.
En conclusion, Port-de-Bouc présente effectivement des quartiers sensibles qui nécessitent une vigilance particulière. Cependant, la situation évolue progressivement grâce aux investissements massifs et au renforcement des dispositifs sécuritaires. Pour les visiteurs et futurs résidents, une connaissance des zones sensibles et l’adoption de comportements prudents permettent de profiter sereinement des atouts de cette ville portuaire méditerranéenne en pleine transformation.


